Biographie et portrait


EDGAR WILLEMS, 1890-1978

Edgar Willems est né à Lanaken, en Belgique, le 13 octobre 1890.
Après des études d’instituteur, depuis toujours attiré par la peinture, il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts de Bruxelles. Quant à la musique, il s’y intéresse déjà, mais en autodidacte surtout (non sans avoir reçu quelques leçons de piano et avoir joué dans la fanfare de son village). Après une période très riche en expériences humaines et artistiques, il quitte Bruxelles pour Paris vers 1920.
Tout de suite intéressé par plusieurs milieux idéalistes et spiritualistes, il fréquente aussi de nombreux peintres et poètes; à la recherche de la réalisation d’un idéal, il partage, un temps, la vie communautaire de Raymond Duncan, le frère d’Isadora (il s’agissait de revivre, au XXe siècle,l’idéal grec à travers la musique, le mouvement, le tissage, la peinture et la philosophie, dont la pratique était quotidienne). C’est à Paris, au centre de recherches spirituelles du Veilleur, qu’il rencontre un professeur du Conservatoire de Genève, Lydie Malan ; la richesse de sa personnalité frappe beaucoup Willems et l’incite à suivre ses cours de chant à Genève en 1925.
Il travaille aussi avec une remarquable musicienne, Thérèse Soravia (solfège supérieur est orgue), avec William Montillet (harmonie) et Jacques Dalcroze (rythmique). En 1928, on lui confie un cours de philosophie de la musique puis il reprend, à la mort de la titulaire, une année plus tard, le cours de solfège pour adultes de Th. Soravia.
Sa quête patiente de la sensibilité auditive, liée à son désaccord total avec l’enseignement musical intellectualisé amènent peu à peu Willems à concevoir une éducation musicale destinée aux jeunes enfants.
Ses premiers ouvrages publiés dès 1934 et ses premières conférences  (elles seront nombreuses par la suite, en Suisse et à l’étranger) aboutissent à l’élargissement de son activité au Conservatoire de Genève qui ouvre, en 1956, les premiers cours d’initiation musicale pour les enfants de 5 à 7 ans, en même temps qu’il propose un cours de pédagogie de l’initiation musicale destiné à former des enseignants. Le professorat Willems se poursuivra jusqu’en 1971.
Edgar Willems a aussi été l’inventeur de tout un matériel auditif : l’audiomètre, le sonomètre, l’audicultor, qui lui valurent plusieurs brevets.
Discret de nature, il a vécu modestement tout en dispensant ses richesses intérieures avec un magnifique élan.

Texte tiré du dossier « Dans la perspective d’une éducation musicale » 1985, S. Gabus, B. Kull, F. Rosset-Buffle


JACQUES CHAPUIS, 1926-2007

Jacques Chapuis, pédagogue et musicien, a accompli sa formation musicale en Suisse, à Bienne et à Genève. Ses maîtres sont Adrian Aeschbacher, Dinu Lipatti et Nikita Magaloff pour le piano et Edgar Willems pour la pédagogie et la philosophie de la musique. Il mène de front une carrière de concertiste et celle de pédagogue et d’éducateur.
En 1960, il crée l’Institut Jacques Chapuis – Ecole nouvelle de piano et de violon à Bienne. Ce centre de formation pour jeunes professeurs souhaitant réaliser une pédagogie plus créative devient le berceau de l’Association Internationale Musicale Willems® en 1968. Le Professeur Edgar Willems et la musicienne Lily Merminod y collaborent pendant plusieurs années.
De 1964 à 1976, Jacques Chapuis dirige l’Ecole Jurassienne et Conservatoire de Delémont. Le programme mis en place permet de relier une éducation musicale active par le biais de l’implantation de la méthode Willems et réceptive grâce aux concerts commentés. L’éducation instrumentale s’inspire  es mêmes principes. C’est dans ce contexte que se crée le premier Institut Willems.
A la présidence de l’Association Internationale Willems, Jacques Chapuis organise une trentaine de congrès et de stages d’éducation musicale et instrumentale dans divers pays. Entraînée par son développement en France, l’Association s’établit à Metz. A ce jour, la Fédération Internationale Willems® à son siège à Lyon.
A travers les multiples formes de son activité, et l’expérience qui en résulte, Jacques Chapuis tente d’établir la relation entre l’art musical et l’art d’enseigner. Il poursuit sans cesse son but de révéler, d’entretenir et d’intensifier l’amour et l’enthousiasme généré par le phénomène musical vivant.
C’est aussi à Jacques Chapuis que l’on doit le développement des Jeunesses Musicales en Suisse sous l’impulsion de Dinu Lipatti.

 


Exclusif: extrait vidéo d’Edgar Willems – 1966

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